Mais qui sont donc Hubert Marsolais et Claude Pelletier? Mieux connus comme étant les artisans derrière le succès incontestable du Club Chasse et Pêche, les deux amis et leurs nouveaux acolytes ont récemment donné naissance à un deuxième établissement en voie de devenir lui aussi un incontournable de la scène gastronomique montréalaise, Le Filet.

Situé sur l’avenue du Mont-Royal au coin de la rue Esplanade, juste en face des tennis Jeanne-Mance (d’où le nom du resto), le Filet se fait plus que discret de l’extérieur. Une vitrine étroite et une enseigne sombre accueillent les convives avant qu’ils ne pénètrent à l’intérieur. On remarque au passage l’emplacement de la future terrasse et on se fait une note mentale : revenir dès l’arrivée des beaux jours.

Entrer au Filet, c’est un peu comme plonger dans un aquarium – dans le bon sens du terme. L’espace en longueur, aménagé par Annie Lebel de l’Atelier In Situ en collaboration avec M. Marsolais, et les grandes photos marines aux teintes indigo qui recouvrent les murs y sont pour beaucoup. Mais, au sens figuré, c’est aussi la bulle de bien-être dans laquelle on pénètre qui nous laisse croire qu’on a délaissé le monde terrestre pour quelques heures.

Lorsqu’on se lance à la découverte de la carte, impossible de ne pas hésiter en se laissant influencer par les plats qui circulent et qui ont tous l’air aussi savoureux les uns que les autres. La bonne nouvelle, c’est qu’on nous recommande de prendre deux voire trois plats par personne puisque le bistro adopte la formule «tapas» si populaire actuellement. Le menu est d’ailleurs divisé en neuf sections (en excluant les desserts): huîtres, potages, salades, cru, chaud, pâtes, amphibies, pour deux et à côtés.

Quelques exemples? Une superbe sélection d’huîtres – et la puriste que je suis, qui refuse systématiquement tout assaisonnement ou garniture, a même cédé pour les huîtres gratinées au miso… et en rêve encore – ainsi que plusieurs potages sur le thème marin (crevettes de roche et cari, moules et topinambours, etc.), des plats aux saveurs relevées comme le cardeau, sa prune japonaise et son wasabi ou le tataki de boeuf wagyu.

J’ai beaucoup de mal à ne vous nommer que quelques plats tant tout y est étudié, réfléchi et exécuté avec la minutie que l’on connaît à M. Pelletier, mais je me dois de vous mentionner les rondelles d’oignons. Oui oui, les rondelles d’oignons: elles sont goûteuses, croustillantes, fumantes, parfumées… vraiment, c’est un must.

On retrouve en salle de nombreux visages connus du milieu de la restauration – c’est que MM. Pelletier et Marsolais savent s’entourer. Ils ont assemblé une équipe d’expérience, solide et pleine de personnalité qui contribue, avec le vin et la bonne bouffe, à nous rosir les joues et à nous alléger le cœur (à défaut de l’estomac!).

Plus abordable que son cousin du Vieux-Montréal, le Filet se prête aux sorties de tous les jours et non seulement aux jours de fête. Seul ou en tête à tête, je vous recommande le comptoir qui vous permettra d’être dans le feu de l’action. En groupe, demandez la banquette.

Le Filet
219 avenue du Mont-Royal Ouest
514-360-6060

Heures d’ouverture :
Mardi – Samedi : 17h00 – 22h30